© 2018  Sandre Wambeke

 Poésies

AMOUR CI CONTE

Débuté en 2010, Amour ci conte est mon dernier recueil de poèmes. Parti avec l’idée de prendre l’amour au jeu, j’ai misé tout d’abord sur le chiffre 2.

Le sujet a cédé assez vite, puisque j’ai suivi d’autres pistes, heureux de me retrouver entouré de paysages et visages neufs, à l’image d’une enfance débordante de tout, même de mes cordes habituelles. Il en résulte des poèmes sous la décimale, composés de neuf vers et regroupés dans neuf livres distincts qui correspondent entre eux, avec pour points communs maints numéros de magie en mots.

De ces sources d’émerveillement, de nouveaux poèmes gardent la chance d’abreuver ce site aussi loin que possible, sans prétendre boucler le cercle fou de l’horloge naïve. 

HYPOÈME D'AMOUR

Avec l’Hypoème d’amour, un cap est franchi.

Ma poésie invente une nouvelle réalité, et non plus le contraire. Le bar breton de Petit Louis joue le rôle d’un graal universel. Au comptoir, une histoire d’amour à vivre de son plein gré, en vers libres à portée de main, laisse le temps s’écouler sans pression ni faux col. Terre d’accueil, refuge des mots en fête, la vie semble incroyablement meilleure que jamais. Tient-elle enfin la clé de l’album ? Chemin faisant, le flot des questions empêche les réponses d’imposer leur loi imbuvable.

LES COLLIERS DU TEMPS

Les colliers du temps marquent une étape capitale dans ma vie de poète. Composés de 1998 à 2008, recopiés au fur et à mesure dans des cahiers d’écolier, sans aucun souci de publication, tous les poèmes de ce cycle puisent dans mes sources d’inspiration les plus quotidiennes, en l’absence de barrières et retenues de tous ordres. Ils sont la féconde parole tenue en moi-même. Pas de doute, je reste fidèle à l’idée que la liberté se gagne par chaos de mots en harmonie. Reprenant en 2018 les cahiers pour les retranscrire dans le site internet, j’ai éprouvé la nécessité de dénouer Les colliers du temps en les divisant en neuf colliers qui reflètent ma sensibilité d’alors. Chacun d’eux représente un livre à thème : Les colliers d’Armor, la Bretagne ; Les colliers de marmot, l’enfance ; Les colliers du marché, le travail ; Les colliers du coffre, le chant ; Les colliers d’orée, le seuil ; Les colliers du désir, le désir ; Les colliers du rêve, le rêve ; Les colliers de reine, la poésie. 

LE PASSÉ INAPERÇU

Vivre en poésie parfois vous donne envie de changer d’échelle, ce talon d’Achille des gens d’ici. Sans réfléchir, j’ai pris ainsi un cap pour l’île de Pâques, le « nombril du monde ». Mais je n’en savais rien. C’était au début du printemps de 2005, je me souviens que l’odyssée de ce long poème m’a projeté corps et biens loin de tout, hors de moi, comme jamais avant, dans un profond mimétisme. Empruntant le chemin de l’indéchiffrable, j’ai revêtu tour à tour la parure du tailleur de pierres, du sorcier, de l’esclave déporté jusqu’à celle de l’homme oiseau. Il subsiste Le passé inaperçu, au lieu-dit de la fascination.

LE GOUFFRE

Qui n’a pas rêvé de sculpter le langage ?

A la fin du siècle passé, sous l’emprise d’une inspiration géniale, Thierry Grave a réalisé cette prouesse, plus ambitieuse sans doute que d’associer la musique à l’écrit. Pour ce faire, il a choisi toutes sortes de livres dans ses goûts et même, issu de mon recueil Le sens des nuages, le poème Le gouffre. Inestimable, fruit de l’amitié nouée avec l’artiste orfèvre depuis notre adolescence, tous les deux déjà ivres de créations sans but précis du côté de Montmartre, cette œuvre est belle. Pour imiter Lautréamont, un héros de notre jeunesse, elle est belle comme la rencontre d’un gouffre avec un miroir en plexiglas sur un trépied métallique.

Le gouffre a trouvé sa matière, avis aux amateurs !

LES CARAPATAS

Les Carapatas sont nés de ma rencontre avec le grand peintre Jorge Camacho, à la fin des années 1970.

D’un recueil de poèmes que je lui avais confié, sous l’anagramme de Romain Coucet, il en choisit neuf, garda le titre et le préambule.

Puis il réalisa cinq magnifiques lithographies originales dans son univers tellurique et chargé d’émotion, qui correspondait avec mes recherches et jeux poétiques d’alors.

L’or de Jorge Camacho est resté à tout jamais la matière vivante du trésor que je découvrirai un jour. Ce livre et ses images en incarnent le trésor magique.

Récits

LA VIE RÉVOLTE

La vie révolte marque la fin de mes écrits en prose. Nous sommes en 1997, je reprendrai bientôt mon chemin en poésie. Mais je règle encore mes comptes avec la société en créant un personnage emprisonné.

Ce héros a touché l’un des destinataires de mon manuscrit. Voici le petit mot qu’il m’avait écrit : 

« Je viens de terminer (ta) Vie révolte. Je suis encore sous le choc. C’est certes un ouvrage difficile à lire, où j’ai personnellement buté sur des expressions brillantes et équivoques dont le sens m’échappait.

Faut-il ou ne faut-il pas jouer sur les mots ?

Je ne trancherai pas. Sauveur Raivaud, ton héros, est une trouvaille, mais c’est surtout un personnage fascinant d’un milieu carcéral que tu décris comme si tu y avais vécu !

Un milieu hors du temps et en même temps d’une terrible actualité. Une suggestion : pourquoi n’essaierais-tu pas de contacter un visiteur de prison qui pourrait diffuser l’ouvrage auprès de certains détenus ? »

Je n’ai pas suivi ce conseil de Denis Coton, mon père, l’auteur de cette critique et des livres Marguerite Bourgeoys de Troyes à Montréal et un député maire de Troyes René Plard dont je recommande la lecture.

 
 
TERRE DES MOTS

Dans la rencontre entre la poésie et la prose, j’ai joué dans les deux camps et tenu plusieurs postes. À peu de choses près, j’en connais les règles et les limites, pour n’en vanter que les plus libres. Terre des mots, récit de la vie merveilleuse, appartient au premier genre en apparence, mais relate en filigrane le duel, sinon le passage incessant entre la vie vécue et l’autre vie dont on rêve jour et nuit, comme entre la prose et la poésie. Le bonheur ici tient le rôle principal et précurseur d’arbitre. Comme dans un récit initiatique, le narrateur joue sur les mots, dans la matière même du monde qui est le sien et qu’il transgresse jusqu’à en taire les maux. Petite clé : le lecteur qui commence par la fin voit comment l’auteur compte les points...