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  • Maurice Coton

L'adieu à la beauté

De retour à Paris, après plusieurs semaines passées au pays Bigouden si cher à mon cœur, l'actualité des affaires étrangères entremêle toujours ses mêmes ronflantes nouvelles désaccordées. Retrouvant mon paysage urbain habituel, je mesure l'écart entre les mondes. Les miens tentent de ressortir d'une épaisse couche de brume sensorielle qui tendrait à se dissiper pour me laisser passer mon chemin. Se confondent à profusion en moi un passé et un présent décomposés, comme réunis sur le clavier d'une poésie intangible. Tout à l'heure, mon vieil ami Philippe N. me racontait que Rimbaud avait passé six mois à vouloir apprendre à jouer du piano, avant de s'en aller renoncer à poursuivre son œuvre poétique. L'adieu à la beauté n'enfreint aucune règle. Chacun de nous, dans l'apprentissage initiatique d'un instrument de musique réel ou rêvé, suit son "affranchissement" du bout de ses dix doigts dégourdis. L'adieu à la beauté appelle à l'horizon inconnu. Gageons qu'il sera encore plus éblouissant et fructifiant que jamais.


L’ADIEU À LA BEAUTÉ


L’adieu à la beauté a mis le jour à découvert.

La lande a brodé ses jeux de lumière

sur les pas qui nous suivaient à distance.

Au-delà l’espoir soufflait dans le sens des vents.

Nos ombres se sont alignées en ordre régulier

pour que la mort s’écarte de notre vie.

Nous nous sommes penchés l’un vers l’autre.

Comme l’heure était déjà passée de nous réunir

nous avons rêvé de plus belle.



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