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  • Maurice Coton

La beauté

Mis à jour : 5 nov. 2020

En ces premiers jours de reconfinement, comme un nouveau départ pour un voyage immatériel, plus que jamais la question de la beauté ouvre les champs de l'horizon. La plume a mis en avant la place des voyelles dans le poème La beauté : le E devant le A change tout. De là l'idée que le paradis viendrait des mots de la peur. Sur le port du Guilvinec, où cette fois je me suis arrimé, l'on pouvait voir aujourd'hui une bouée d'amarrage nommée Eden sortie de l'eau - encore le E devant le A - et jetée à la poubelle à côté d'un carton étiqueté "fragile". Cette image d'illustration tombée du ciel ne dit rien d'autre que l'image du paradis perdu et cabossé raccorde encore à la beauté du monde. Dans ce poème portuaire, l'œil va son chemin devant des garages de tôle. Le jeu a pris le dessus sur l'arbitraire, et la poésie, facétieuse, s'estime gâtée des dieux sur les ailes d'un oiseau-lyre, au E devant le A. Ne comptons alors pas trop sur le marin en casquette, les yeux sur son casier, pour qu'il pipe mot à quiconque de cet éden fragile dans son "bateau Bretagne", tous deux au E devant le A. Comme dans la chanson populaire, j'hésite même à lui demander "loup de mer que fais-tu ?", de peur qu'il me renvoie son autre bouée orange au visage. Toujours les A devant le E...


LA BEAUTÉ

Un rien et tout change

Un E devant un A

La peur a dit le paradis

Nécropole modern style

Ces beautés potagères

Aux pavillons de guingois

Monsieur Jourdain l’ouvrier

Et son garage en tôle

Quel joli nom remise

On se croirait au casino

Un rien et tout passe

L’œil va son chemin

A la devanture des choses

Et se demande qui aimer

Une personne à la vie courte

Dans les habits de son passé

Dont les feuillets battent au vent

Comme les ailes de l’oiseau-lyre

Sur une partie de poker.



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© 2018  Sandre Wambeke