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  • Maurice Coton

La taupe à l'œil

Persona non grata, la taupe tient cet affreux rôle, le crapaud lui aussi. L'on dit souvent de ces tristes renommées qu'elles remontent aux vieilles lunes, jamais par le bon versant des superstitions. Pourtant, la taupe et le crapaud vivent au bel équilibre du règne animal dans la nature. Aussi les poètes les protègent-ils, comme ils le peuvent. Et les voilà même qu'ils voudraient "raisonner" les ennemis de la taupe et du crapaud. N'oublieraient-ils pas qu'ils n'ont de cesse d'outrepasser la raison, d'en sortir de l'ornière, tout droit vers le point de rupture où ils ne se préoccupent plus guère de leurs propres messages. Les deux poèmes qui suivent, en quittant le jeu de la raison pour la raison du jeu, prennent le pari que la taupe et le crapaud méritent mieux que ces mots.

LA TAUPE À L’ŒIL


Hors du trou la taupe

Au top de l’étape

S’épate du temps

Elle tend les pattes

La tête et les tempes

Plus rien ne la stoppe

Dans l’étau de terre

Pour l’autoportrait

Qu’autopsient ses yeux


LE CRAPAUD NOIR


Peau cracra pauvre animal

Depuis des milliers d’années

Les yeux plus gros que le globe

L’iris aux couleurs de l’or

La pupille à l’horizon

Vers les damnés de la terre

Ses doigts montrent le chemin

Où le neuf est amphibien

Mais pourquoi lui fait-on mal

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© 2018  Sandre Wambeke