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  • Maurice Coton

Les déserteurs

A l'instar de Boris Vian, les mains levées, qui invite monsieur le président à prévenir les gendarmes qu'il ne porte pas d'arme, j'ai réuni ci-après les deux poèmes Les déserteurs et Les tailleurs de rêves. Ils se suivent dans cet ordre au début du livret Poèmes des dieux du recueil Amour ci conte. Que je ne me souvienne plus dans quelles circonstances ils ont été écrits, et ainsi rapprochés, m'aide à ressentir la part du hasard permanent dans le présent ininterrompu. Et j'y prends la mienne en éprouvant le besoin de comparer ces déserteurs à des tailleurs de rêves et ces tailleurs de rêves à des déserteurs. Sans ce même hasard sur mon chemin, je n'aurais jamais imaginé écrire un jour que la poésie désarme.


LES DÉSERTEURS


Dans des vaisseaux tout dévastés

Par vent violent les déserteurs

Sautent en vol sans parachute

Sans même voir où vont tomber

Leurs vœux de vacances dorées

Privées du V de la victoire

Qu’on ne pourra leur enlever

Sous le duvet de leur enfance

A travers champs où Vian chantait


LES TAILLEURS DE RÊVES


Orfèvres des grands bals

Tous les tailleurs de rêves

Vous le diront en chœur

De l’intérieur des pierres

Que le plus beau secret

Dure une éternité

Au fond d’un sablier

Sur ses faces cachées

Penchées du bon côté




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