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  • Maurice Coton

Trésor

Toute la question du commencement et de la fin repose dans l'idée qu'ils dépendent fondamentalement l'un de l'autre, alors que nous n'en savons rien. Pour illustrer ce sujet, j'ai choisi trois poèmes écrits à une époque où j'habitais un appartement sur la place de l'Hôtel de ville de Saint-Quentin. Les fenêtres principales donnaient sur le bel édifice gothique pour lequel j'éprouvais des sentiments d'affection bien supérieurs à qu'ils auraient suscité en d'autres circonstances. C'était lié à la vie qui était la mienne alors, marquée par une rencontre éclair, sinon éclatante. Ces trois poèmes m'amènent à penser et à proposer que des poèmes écrits, ou lus, à la suite l'un de l'autre racontent et restituent, certes d'une façon étrangère à toute linéarité, une histoire passée-présente. Elle diffère complètement de la fiction romanesque, en faisant reposer la marche du temps sur les mots livrés à eux-mêmes, sous des signes d'Eruption, de Ligne et de Trésor. L'on peut imaginer que le trouble que procurent ces signes disparaîtra un jour pour rétablir l'image originelle.


ÉRUPTION


Les êtres d’un même âge

N’ont pas de ressemblance

Ils sont fondus dans un moule

Renvoyés d’un vieux volcan


Tant pis alors pour les conflits

Les démesures de la parole

Les coïncidences des actes

Et pour la paix des mondes


On se confond trop à l’autre

Ainsi naissent les révolutions

Fomentés par des esprits enclins

A vivre comme ils l’entendent



LIGNE


Elle emprunte ses mots

Aux joueurs d’échecs

Et répète souvent

Qu’elle a été roquée


Où sont le roi et la tour

Dois-je déduire

Qu’on l’oblige à se protéger

Sans quitter sa ligne


Mais est-ce faiblesse

Pour cause de vertige

De tendre la main

Aux ombres importunes



TRÉSOR


L’idée de l’autre

Ne laisse pas tranquille

Pour se reconnaître

Détenteur d’irréel


Pour le partage

Au temps qui s’allonge

Tout au bout de la vie

Et pour se délecter


Depuis tant de jours

De la joie découverte

Et d’un commencement

Où l’on voyait une fin





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