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  • Maurice Coton

Vive l'école

Certains écrits peuvent paraître étrangers à leur auteur même, à l'image du poème "Vive l'école", une parole que j'ai plus dénoncée que prononcée. A première vue, il semble provenir d'un état euphorique, ou épidermique, suscité par la défense de la cause animale, ici d'une mule exploitée qui décide de rompre son joug. La dédicace à un chien aimé permet de croire à cette hypothèse. Inutile cependant d'ajouter que je n'ai gardé aucun souvenir de la manière dont il a été écrit. Si l'euphorie souvent engendre la précipitation, à l'image du recours à l'anaphore qui enfonce le clou de l'intelligence de la mule, elle n'empêche pas le triomphe de la raison affective. C'est le cœur de l'utopie qui bat, dans la recherche d'un modèle où l'école tienne ce rôle libérateur, pour les mules et les ânes devenus les meilleurs élèves.


VIVE L’ECOLE

à mon chien Truffo

C’est l’histoire d’une mule qui portait tout le temps des sacs de sable et de grain.

C’est l’histoire d’une mule qui voulut savoir le langage des humains.

C’est l’histoire d’une mule qui reçut alors des visites d’autres mules et même d’ânes savants.

C’est l’histoire d’une mule dont le maître ne vit pas d’un très bon œil cette histoire.

C’est l’histoire d’une mule qui hésita entre beaucoup de façons d’apprendre à parler.

C’est l’histoire d’une mule qui se décida enfin pour l’une d’elles après avoir craint les coups de bâton de son maître.

C’est l’histoire d’une mule qui fut une si bonne élève qu’elle ne tarda pas à se faire connaître de tout le village.

C’est l’histoire d’une mule qui devint la meilleure amie de son maître et de tous les enfants des alentours.

C’est l’histoire d’une mule qui trouva les mots justes pour se débarrasser de ses sacs de sable et de grains.










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© 2018  Sandre Wambeke