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  • Maurice Coton

Erre vent


Parmi les poèmes que je retranscris au jour le jour d'un cahier à mon ordinateur, tous ou presque créent dans mon esprit un effet de surprise, au point souvent où je ne parviens pas à me remémorer l'existence de tel ou tel poème, voire à m'en reconnaître l'auteur. C'est le cas de ce poème "Erre vent", datant de 2001, dont le titre évoque la vie nomade et plus encore la capitale arménienne Erevan. Là, je prends le parti des gens poussés à l'exil comme seul planche de salut. Le recours à la forme du sonnet signifierait-il qu'il s'agit d'un thème vieux comme la poésie ? La question reste posée.


La réponse se trouve bien peut-être

Dans les rêves des fabuleux ancêtres

Du lointain passé soudain renaissant

Qui devinaient sagement que leur sang

Coulerait du cœur jusque dans les veines

Des petits-enfants de ma sœur Irène

ERRE VENT


La belle et longue lutte du peuple arménien

C’est peu dire qu’elle regorge d’ingrédients

Entre l’Anatolie et le plateau d’Iran

Sous le vocable du Caucase et des volcans

En cercles de déserts et de sols ébahis

Desquels se déploie au ciel le mont Ararat

De toute la hauteur jamais anéantie

Et par la flèche tirée de son lac Sevan


S’est étendue poussée au cœur des tragédies

Au monde entier diffuse un message vaillant

Qui dans le vent passe pour relever l’esprit


Prenant l’exil pour une planche de salut

Et rêvant que le jour de leurs enfants viendra

Au détour immémorial de sa diaspora

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© 2018  Sandre Wambeke