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  • Maurice Coton

For ever

Le rêve occupe une place essentielle dans la poésie. Dans la mienne encore plus. En relisant le poème For ever écrit depuis déjà assez longtemps, il m'apparaît que le rêve en question n'appartient pas réellement au monde du rêve endormi. Il se rapprocherait davantage du monde du rêve éveillé, mais sans l'être non plus. Quel est alors ce rêve, vécu comme le chaînon manquant de la vie à part entière ? Le poème l'exprime mieux que ce que je voudrais définir. Il dit que l'acte même d'écrire le mot rêve conduit vers une contrée inconnue, une demeure, voire une personne ou une chose. L'imagination la visite tellement qu'elle n'en est que plus réelle au moment même où le mot devient commandement, d'aventure comme de désertion. Ce rêve subsiste et se reconnaît dans la mémoire qui n'en retient rien.


FOR EVER


Si je devais tout revivre

Peut-être me contenterais-je de le rêver

Mais je n’en suis pas encore là

Déjà je me dis que j’ai tout rêvé

Je n’ai jamais rien fait de mieux au monde

Et puisque les réalités ne nuisent pas à mes rêves

Je me passe presque d’elles

Je ne m’y attache pas

Elles me mènent à eux et les nourrissent

Elles leur donnent un spectacle nouveau

Même si les rêves s’inversent et se confondent

Peu importe s’ils deviennent superflus

Car je rêve en répétant la même scène

En tenant tous les rôles

Acteurs et spectateurs à la fois

Je rêve d’atteindre le sommet de mes rêves

Et d’en être le maître

Pour faire rêver tous les maîtres

Je vis en chair et en rêve

Toute ma vie je rêve

Que mon rêve de rêver se réalise pour toujours.




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© 2018  Sandre Wambeke