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  • Maurice Coton

La ballade de Saint-Maur

Entre les ballades des poètes du Moyen Age et La ballade de Saint-Maur, les siècles ont creusé des fossés gigantesques. Hormis les textes religieux des saints et des apôtres, la poésie était alors le seul genre littéraire. L'on sait ce qu'il en est advenu. Ce poème, extrait d'une sorte de journal que j'ai tenu pendant trois années, est daté du 12 octobre 1991. Quelques jours auparavant, le 7 octobre, j'avais écrit ces lignes : " La poésie laisse des traces. Pourtant, elle s'efface. Elle n'a pas entièrement disparu, jamais. Elle surgira d'un moment à l'autre, tapie derrière un rideau. Nul doute qu'elle se cachera mieux encore dans les mots. Elle est d'ailleurs là, ici, toute proche, sur un échafaudage bancal. Le monde se dérobe sous elle. J'étais seul, maintenant je ne suis plus rien. Tout recommence." La ballade de Saint-Maur hisse la voile pour un voyage tout à côté.


LA BALLADE DE SAINT-MAUR


A Saint-Maur des Fossés

Il n'y a plus de fossés

Saint-Maur est mort et trépassé


A Saint-Maur des Fossés

Deux amoureux empressés

Ne faisaient que s'embrasser


A Saint-Maur des Fossés

Tout le temps ils s'enlaçaient

Sans savoir se séparer


A Saint-Maur des Fossés

Jamais ils ne se reposaient

Et toujours ils s'amusaient


A Saint-Maur des Fossés

Un jour au fond d'un fossé

Les amoureux ont glissé


A Saint-Maur des Fossés

La nuit est tombée

Personne ne l'a ramassée


A Saint-Maur des Fossés

Gisent les ombres brisées

Des amoureux forcenés


A Saint-Maur des Fossés

Rien n'arrête le progrès

Rien ne s'est jamais passé.




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© 2018  Sandre Wambeke