Rechercher
  • Maurice Coton

La pluie

Encore un poème à mots qui jouent, mais aussi qui coulent de source. La pluie s'y prête mieux que quiconque en changeant soudain tout le paysage ! Ici, elle tombe à flots jusqu'à finir, comme par enchantement, avec une rencontre tombée du ciel. D'une certaine manière, les vers à deux syllabes qu'on appelle "dissyllabes" donnent le rythme, presque musicalement. Ils créent des flaques et des abris impromptus, en prenant soin de se laisser guider par la magie des mots. Le sens de l'orientation s'apparente dès lors plus à une carte d'invitation qu'à une carte d'état-major, et plus à des paroles divinatoires que péremptoires.


LA PLUIE


Il plut

De plus

En plus


Nous dîmes

Sur le

Perron


Sûr nous

Paierons

La dîme


Par temps

D’orage

En fûmes


Partants

L’eau rage

Enfume

Et toque

Clic-clac

En flaques


Aux plaques

D’égout

Des gouttes


Qui mouillent

Déroulent

Quenouille


Que d’eau

Déboule

Que oui


Qu’ouïe fine

Et fouille

Et fouine


Tant et

Si bien

Tentés


Qu’abri

Tendit

Ses bras


Tels dix

Cabris

Chamois


Ici

Assez

Hissés


Jusqu’à

Chez moi

Blottis


Contre elle

Docile

De celles


Des trombes

Tombées

Du ciel

0 vue

© 2018  Sandre Wambeke