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  • Maurice Coton

La vie

Mis à jour : mars 7

Voici trois poèmes qui remontent à ma découverte de la poésie en 1969, peut-être un peu avant. Extraits d'un petit fascicule quadrillé de vingt et une pages d'une écriture encore enfantine (voir photo), sans date, parsemées de quelques graves fautes d'orthographe, perdu dans une caisse de cahiers entassés, j'aurais été incapable de m'en reconnaître l'auteur. J'en ai lu quelques extraits tout étonné, déçu, embarrassé, sans parvenir à rien me remémorer. L'envie m'a pris de m'en séparer. D'où ce sauvetage in extremis. Quel intérêt ces poèmes gauches d'un adolescent qui découvre la vie ? Eh bien celui de l'apprentissage ! Nul ne le contestera. Mais il est un autre avantage que je ne mets jamais en avant. Celui de la poésie comme une médecine qui ne dit pas son nom, mais pousse le patient à sortir de lui-même pour mieux s'atteindre, par un remède millénaire, la vie, mille fois plus efficace que son meilleur vaccin. Au cas où je n'aurais pas le temps de temps de retranscrire tous mes anciens textes dans le site internet, permettez-moi de recopier ici les deux dernières phrases d'un autre cahier titré Réveils (novembre 69 - juin 71), que j'aurais aimé écrire ce matin, malgré la jeunesse du style, en écoutant le merle chanter : " Si j'écris des poèmes c'est simplement parce que j'aime cela, parce que je n'ai vraiment rien trouvé d'autre à faire qui me passionne, m'enchante. La poésie, c'est plus que ma passion, c'est mon seul moyen d'expression, ma révolte peut-être."


LA VIE


Ce soir j'ai beaucoup écrit

en pensant à la vie

que je menais partout

et j'ai pensé beaucoup

que ma vie était triste et morne.

Puis j'ai posé ma plume que j'orne

avec beaucoup de fantaisies

et j'ai regardé par la fenêtre la rue et ses bruits

C'était beau ces hommes et ces femmes

qui se bousculaient dans le tram.

C'était beau ces lumières de voitures

qui resplendissaient sur les murs

c'était beau cet ivrogne qui chantait

un vieil air populaire des marais.

C'était beau ces amoureux

qui s'embrassaient tous deux,

c'était beau de regarder

Paris en cette nuit de février.

J'ai fermé la fenêtre doucement.

La vie n'était pas si triste vraiment.



UN ENFANT PAS COMME LES AUTRES


Deux enfants dans un jardin

avec maman et son parfum

jouaient avec le sable et leurs pâtés

et le bonheur et la gaieté.


Un petit enfant sauvage et laid

arriva nonchalant et gai.

Madame est-ce que je pourrais ?...

Non mon mignon, va voir mémé.


Alors l'enfant courut très loin

Loin de la vie et des jardins

Alors le petit s'arrêta

Et le bon Dieu il questionna :


Dites-moi pourquoi où je vais

ils me repoussent d'un ton mauvais ?

Et Dieu sourd et muet resta.

Et de ça jamais ne parla.



POÈME INACHEVÉ


Verlaine, à quoi penses-tu là-haut ?

Et toi Baudelaire et toi Rimbaud ?

A rien, à tout, aux hommes,

à ceux qui pensent à vous

et toi à quoi penses-tu ? en somme

à moi et moi à toi, tous

deux on s'aime, on ne pense à personne

personne ne pense à nous tu sais.

C'est beaucoup mieux, on ne pense à personne

personne ne pense à nous tu sais

c'est mieux ainsi

je te le dis.

On va s'isoler tous les deux

loin d'eux, le plus loin qu'on peut,

seuls on sera bien,

c'est vrai ces liens.




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