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  • Maurice Coton

Le pitre


Le pitre, qui n'a pas rêvé de l'être l'est sûrement. L'on en voit à tous les étages de la société, du laquais au seigneur, des pitoyables et pires encore, y compris chez les poètes au grand cœur, et je ne prétends point y échapper. Ce poème déjà ancien a dû être écrit comme un pastiche. Le recours (rare) à l'alexandrin ne saurait ici tenir lieu d'excuse ni de pirouette. Et mon dieu ne parlons pas de l'esprit potache, sinon impie, qui ne m'aura jamais laissé tranquille.


LE PITRE


Quand l’ère chrétienne eut épuisé tous ses papes

Qu’ils eurent dépassé tous la limite d’âge

Surgit de nulle part un curé de village

Qui sur la table un coup prêcha-t-il moi je tape


Il trouva très divin de sortir d’un pupitre

Le nombre transcendant pi qu’il choisit pour règne

Avec pour formule il suffit qu’on me craigne

Avant de modifier les versets des épîtres


D’une autorité telle il se para ensuite

Qu’on lui donna le nom de Révérend Picrate

Parce qu’il fit marcher son peuple à quatre pattes

Comme lorsqu’on a bu à en prendre une cuite


Mais il en eut assez de ces bonnes piquettes

Assez d’entendre dire allez donc qu’on picole

Avec une chipie il se mit à la colle

Et jusqu’à l’épiderme il en perdit la tête

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© 2018  Sandre Wambeke