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  • Maurice Coton

Les coups et les douleurs

Je ne saurais trop dire d'où me vient mon goût pour les moralistes, les plus brillants, mais aussi les très modestes. Y compris en poésie, comme La Fontaine, Lautréamont, ou plus près de nous, Prévert, qui n'aurait pas souhaité être rangé parmi eux. Les moralistes vont à l'encontre de la pensée commune. Ils combinent deux qualités, penser la différence et déjouer la contradiction, avec discernement et toujours à discrétion. Tout le contraire de l'esbroufe. Je m'y suis essayé passagèrement, comme en témoignent les extraits suivants qui remontent à 1990. Tout en tenant le journal de ma vie, j'entrecoupe alors certaines scènes de courtes "pensées" de facture moraliste. Mais j'allais oublier le plus important chez les moralistes, l'art de l'esquive, pour mieux échapper aux coups et aux douleurs de la vie. En voici donc quelques-unes de ces pensées, en vrac.


LES COUPS ET LES DOULEURS


Question carrée : que fait-on ou qu'a-t-on fait de ce dont on ne se souvient plus ?


La folie vient en mangeant.


On ne se lasse pas de vivre, d'où l'expression commune : ce n'est un mystère pour personne.


Les portes, laissons-les se battre entre elles.


Ma raison m'appelle trop à son secours pour qu'elle me tire d'affaire.


Personne n'est à personne. Plus logiquement encore, rien n'est à rien. En art, tout au moins, on ne renvoie pas la réponse aux lendemains.


En tombant, l'enfant s'est faite une bosse derrière la tête. - Ne touche pas, tu me saignes, m'a-t-elle dit en sanglotant.


A l'annonce de ma mort, on pourra rouvrir toutes mes parenthèses.


Idées, garde-à-vous, fixes.


Le métier du professeur d'aujourd'hui : faire la classe aux décodeurs.


Tout ce que je sais se compare.


Tout ce que j'aime s'associe.


Comment le proverbe Les coups et les douleurs ne se disputent pas a-t-il pu devenir Les goûts et les couleurs ne se discutent pas ?

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