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  • Maurice Coton

Ligne en mouvement


Le poème d'aujourd'hui montre des personnages en colère qui jouent rarement un rôle dans ce genre d'écriture. C'est vrai que l'on a plus l'habitude de rencontrer un délégué syndical et un commissaire dans une manifestation que dans un sonnet. A moins qu'il s'agisse d'un rêve dont le sens secret serait qu'en poésie, comme nulle part ailleurs, il ne faut jamais se fier aux apparences ni aux poncifs. Chacun y a sa place, jusqu'à l'absurde caricature. Cette "ligne en mouvement" avance la question : pourquoi ne pas passer par le rêve et la poésie pour obtenir l'équivalent d'un complément de salaire et d'un surcroît ou même d'un renversement de réalité ?

LIGNE EN MOUVEMENT


J’ai vu de mes yeux un gros marteau

Une goutte de sang une seule pas deux

Ce n’était pas normal mais je n’y pouvais rien

Et aussi j’ai vu un délégué syndical

Il était tout en pleurs je crois qu’il simulait

Il disait qu’on l’avait ligoté aux poignets

Déchiré ses papiers en mille morceaux

Cassé ses lunettes et volé ses bagages

Ce type est furibard il faut qu’on l’évacue

A hurlé le commissaire qui possède un secret

Une recette de cormoran à l’oseille

Moi je préfère l’aile de raie au cerfeuil

Cela me rappelle un bruit de carillon

Lequel n’apparaît pas à mon ordinateur

Lié au souvenir de m’être embourbé

Dans un terrain propice aux manifestants

Oui j’ai bien vu un complément de salaire

Alors je me suis réveillé à demi-conscient

Que la terre avance dans le sens inverse

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