Rechercher
  • Maurice Coton

Monologue du temps

Le monologue du temps tient parole. N'est-il pas la matière première de la poésie ? Définissons-le comme cette forme de silence profond dans lequel chacun descend en se heurtant à des parois existentielles, communes à tout le monde. C'est le moment où l'on s'aperçoit de sa singularité, tout précisément quand l'on ne sait plus à qui ni à quoi ressembler. Il ne reste plus qu'à gravir quatre par quatre les vers du poème ainsi intitulé, en songeant ensuite à un ancien déménagement comme une nouvelle vie.

MONOLOGUE DU TEMPS


Il ne s’est rien passé

Depuis qu’on s’est revu

On a perdu un mois

Rien du tout n’a changé


La moquette est posée

Et les draps sont lavés

La date est reportée

Du déménagement


Les cartons à primeurs

Débordent de bouquins

Mais on ne sait plus quand

Et le cœur n’y est plus


Dans les vases en grès

Les bouquets ont fané

Comme fond le danger

Sur une femme objet


Les gars sont fatigués

Du féminin des noms

Leur projet tombe à l’eau

Ils sont près de craquer


Le peintre doit s’arrêter

De percer des secrets

Il vide un quart de vin

Dans le fond de ses pots


Le plombier finira

Dit-il par arriver

L’enquête suit son cours

Dans un cercle fermé

0 vue

© 2018  Sandre Wambeke