© 2018  Sandre Wambeke

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  • Maurice Coton

Naissance de l'alchimie

Sans doute devrait-on tous les matins lire un ou deux poèmes, pour garder les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. Les deux sont possibles, surtout si on laisse l'équilibre venir de lui-même. Rimbaud l'a raconté à sa manière dans son "Alchimie du Verbe", dont les messages me tiennent encore lieu de bréviaire : " J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs." En travaillant la matière des mots, la poésie prend ainsi sa place, particulière et entière, dans le grand concert de naïvetés et d'idioties qui emporte tout sur son passage. Mais pas n'importe quelle place ! Celle du trouble-fête. Le poème suivant apporte son grain de sel, avec son jeu de mot final qui conduit jusqu'à la basilique de Rome, en priant chacun de trouver de son côté la bonne recette de son poème quotidien.

CONCLAVE


Réunies en conclave

Des pâtes toutes blanches

Dans la cocotte chauffent

Sans faire de fumée


Le gros sel ne demande

Pas laquelle d’entre elles

Va tirer la ficelle

Et les départager


Quelle calamité

Mais la sauce tomate

A de quoi pavoiser

Basilic comme arôme

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