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  • Maurice Coton

Oh les flaques

Dernière mise à jour : juin 25

Comment dire que certains mots, dès qu'on les prononce ou les écrit, changent de sens. Ils entraînent alors des idées qu'on n'imaginait pas et qui n'avaient même pas lieu d'être. Partant de là, ils empruntent un sens où se reflètent toutes sortes d'images ressurgies d'un passé effacé. Je rangerai la "flaque" dans cette famille de mots capables de susciter un imaginaire insolite, comme si l'averse qu'on vient de traverser se résume à une forme aqueuse, en creux entre les surfaces inégales de l'esprit. Le temps s'arrête soudain pour laisser l'enfant que l'on a été continuer de jouer ses tours de magie. Comme une enfant, la poésie éclabousse et patauge dans les flaques des mots. Laissons plutôt le poète Georges Perros nous indiquer le chemin : "Le langage c'est un océan de mots. Pour ma part, ou je suis presque noyé dedans, ou, quand la mer se retire, je regarde, je marche sur ce qui reste. Des trous, des flaques."



OH LES FLAQUES


Sur les fronts d’antan

Où notre amour flotte

Et se replie sur lui-même

En repartant à cloche-pied

A la morte saison

La terre forme des flaques.


Involontaires enchanteresses

Elles résorbent nos tourments.


Ponts de l’autre pont

Vers lequel nous disparaissons

Elles rejettent la misère

Dans les semences et les sources.


Oh les flaques

Oh l’imprévoyance accomplie

Oh les verbes d’ensablement !






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